AG interprofessionnelle interdite : La direction de Paris 1 bafoue à nouveau la liberté d’expression

Photo : Le directeur général des services de Paris 1, François Rioux, discutant avec des policiers et un membre des renseignements généraux devant le centre Tolbiac.

Moins d’un mois. Il n’aura pas fallu un mois à l’administration de Paris 1 pour nous interdire à nouveau un rassemblement à Tolbiac. Mais quelle est donc cette direction qui se sent légitime pour interdire les pratiques élémentaires de la démocratie, à savoir échanger et débattre ? Invoquant un risque inexistant pour l’université, la direction a en effet empêché la tenue d’une assemblée générale réunissant des étudiant.e.s de Paris 1 et des salarié.e.s des 5e et 13e arrondissements.

Une décision qui fait écho à ce qui s’est passé le 17 mars. La Présidence avait alors choisi de fermer le site pour trois jours, avant d’envoyer 400 membres des forces de l’ordre le soir pour réprimer les 80 personnes qui, ayant vu les portes ouvertes, étaient entrées pour faire une AG inter-luttes. Cette fois, c’est le comité de mobilisation de Paris 1 contre la loi Travail qui avait demandé l’autorisation de faire cette Assemblée générale lors d’une réunion avec la direction cinq jours avant et qui avait même une salle jusqu’à la fermeture du site.

Qu’est-ce donc que ce comité de mobilisation ? C’est la cristallisation, à Paris 1, de ce qui « s’est levé » un peu partout depuis le 9 mars. Ce sont des dizaines d’étudiant.e.s de toutes les filières et de tous les niveaux, le plus souvent non encarté.e.s, qui se chargent au quotidien de faire vivre et de développer la mobilisation. Des étudiant.e.s qui ont la volonté de rompre l’ordre universitaire routinier en militant, arrachant du temps aux cours et aux examens, pour nouer des liens avec les lycéen.ne.s, avec les salarié.e.s dont on nous sépare au quotidien, pour bâtir ensemble une réelle opposition contre cette loi et son monde.

Pourquoi alors interdire un tel rassemblement ? Au moins pour deux raisons. Tout d’abord en répression à notre mobilisation. Une mobilisation où nous avons montré toute notre détermination, tant contre la loi Travail, que dans le rapport de force face à notre direction. Ensuite, pour empêcher toute jonction entre les étudiant.e.s et les salarié.e.s. Un cocktail explosif dans les mouvements sociaux.

Une répression qui est toutefois porteuse d’espoir car elle montre que la mobilisation des gens possède une force si l’on en croit le zèle par lequel certains se distinguent à empêcher toute initiative collective. Qu’ils s’agissent de celle du 12 avril à la Gare Saint Lazare avec les étudiant.e.s d’Île de France réprimée avec les matraques et les gaz lacrymogènes ou bien du mouvement « Nuit debout » où se cristallisent tous les mécontentements et qui n’échappe pas à la règle.

Finalement, l’Assemblée générale a pu se tenir, non loin de Tolbiac, sur les dalles des Olympiades. Un moment riche de débats. Quoi qu’il en soit Paris 1 restera debout et continuera d’être aux côtés des salarié.e.s, qu’ils soient cheminots ou postiers, personnels hospitaliers ou employé.e.s de la grande distribution. Car nous comptons bien changer la société, sortir des rôles assignés, et construire le mouvement qui nous convient, en défense de nos intérêts communs. Ceux des gens d’en bas qui luttent contre une poignée de puissants qui prétendent décider pour tous, ce qui en fait n’est bon que pour eux. Car décidément, on vaut mieux que ça !

Les membres du comité de mobilisation de Paris 1 contre la loi Travail

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