Venant du ComMob : « Mensonge et Manipulation : comment la présidence tente de discréditer la mobilisation contre la loi El Khomri »

Samedi 19 mars

Nous avons reçu ce jeudi 17 mars en fin d’après-midi, un nouveau communiqué de la Présidence de l’Université Paris 1, dénonçant une « occupation illégale du centre PMF » en marge de la manifestation qui s’est tenue à Paris contre le projet de loi « travail » et qui a rassemblé plusieurs milliers de lycéen.ne.s, étudiant.e.s et salarié.e.s.

Nous dénonçons la manipulation scandaleuse à laquelle se livre aujourd’hui la direction de notre université. A 17h30, 200 étudiant.e.s se sont en effet retrouvé.e.s devant le centre PMF pour se réunir et débattre après la dissolution de la manifestation Place d’Italie. L’accès leur a été refusé dans un premier temps. En effet, la direction de l’Université avait pris la décision la veille à 22h de la fermeture des centres PMF et René Cassin, puis en début de matinée celle des centres Sorbonne et Panthéon. La fermeture des centres Panthéon et Sorbonne a été effectuée sans qu’aucune raison ne soit donnée, ni au moment de l’évacuation, ni dans le communiqué de la présidence. Nous condamnons ce traitement méprisant des étudiants et du personnel, qui en laissant planer le doute ne peut de plus que devenir le point de départ de rumeurs. La raison de la fermeture de quatre centres de Paris 1 – comme cela a également été le cas dans d’autres universités – était d’empêcher la tenue d’un débat démocratique au sujet de la loi EL-Khomri et de la mobilisation contre cette loi. Nous rappelons que la liberté de réunion est protégée par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Nous avions déjà dénoncé cette mesure pour ce qu’elle est : une tentative d’empêcher les étudiant.e.s, personnel.le.s et enseignant.e.s de débattre et d’organiser la contestation légitime face au projet de loi El-Khomri. Nous dénonçons également les manœuvres des agents de direction du centre PMF qui ont ensuite ouvert la porte du parking, et ont laissé rentrer les étudiant.e.s, qui ont pris place rapidement dans l’amphi N. En effet, de nombreux témoins sur place attestent que les étudiant.e.s présent.e.s n’ont à aucun moment été empêchés de pénétrer dans les lieux.

Quelles que soient les dégradations, nous pointons la responsabilité de la direction de l’Université qui a organisé et provoqué sciemment cette situation. Nous condamnons également l’intervention des forces de police, présentes sur les lieux à peine cinq minutes après l’ouverture du centre. Cette intervention a été autorisée par la Présidence de l’Université, sans l’aval de laquelle ils n’auraient pu pénétrer sur le site.

Plusieurs centaines de CRS et plusieurs dizaines d’agents de la Brigade Anti-Criminalité ont violenté les étudiant.e.s présent.e.s sur place ainsi que les passant.e.s: usage de gaz lacrymogènes, de coups de matraques, tout particulièrement au sol. Une jeune étudiante a été prise en charge en urgence par le SAMU… De nombreux autres ont été blessés, notamment au visage. Cinq étudiant.e.s ont été mis en garde-à-vue.

La présidence a indiqué dans un communiqué que « son seul objectif demeure d’assurer la sécurité des biens et des personnes » ; on peut s’interroger sur la priorité affichée de faire passer la sécurité des biens avant celle des personnes, mais aussi sur le zèle avec lequel elle a appliqué cette hiérarchie des normes en exerçant une violence physique et morale intolérable à ses propres étudiants en représailles d’une occupation d’amphithéâtre et de quelques tags.

Pour nous, l’utilisation faite par la présidence de l’Université de ces incidents, dont elle est responsable, vise à rendre légitimes les fermetures administratives. Ni les mesures de répression de la direction, ni les violences policières ne doivent empêcher le débat démocratique autour de la loi. Nous appelons l’ensemble des étudiant.e.s et salarié.e.s de Paris 1 à ne pas se laisser intimider et à continuer de se mobiliser, jusqu’au retrait de la loi travail.

Nous tenons également à les informer qu’une manifestation contre les violences policières aura lieu le 19 mars à 14h au départ de Gare du Nord.

Nous exigeons la réouverture immédiate du centre PMF. Nous demandons des comptes au Président de l’Université, notamment pour les victimes et les nombreux étudiant.e.s choqué.e.s par ces événements. Nous exigeons la libération immédiate et sans poursuites des personnes interpellées.

Nous appelons enfin l’ensemble de la communauté universitaire à participer aux prochaines assemblées générales qui se tiendront mardi à la Sorbonne et jeudi à Tolbiac.

Le comité de mobilisation de Paris 1
Soutenu par : Sud Éducation, Solidaires étudiant-e-s, UEC, UNEF, Parti de gauche, NPA…

*Le comité de mobilisation est chargé d’organiser la mobilisation en respectant les décisions prises durant les Assemblées Générales. Le comité rassemble toutes les personnes souhaitant s’organiser, de façon plus large que les seules sections syndicales, dans différentes commissions : coordination extérieure, activités, pédagogiques, matériel …

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